Histoire et documents


Souvenirs d'un militant ouvrier
Jean-Baptiste Dumay
Introduction et notes de Pierre Ponsot
Souvenirs d'un militant ouvrier
(Le Creusot, 1841 - Paris, 1926)

Date de parution : 4 septembre 2010
ISBN : 9782916329291
50 illustrations
16 x 24 cm
broché
432 pages
30 €


Né quelques années avant l’avènement du Second Empire, d’un père porion décédé suite à un coup de grisou, quelques mois avant sa naissance, Jean-Baptiste Dumay, entre à l’usine Schneider, à l’âge de 13 ans.
L’Usine, ce n’est pas seulement un lieu mais un système qui avale tout et réduit à l’état d’esclaves ceux qui y travaillent. La ville entière, Le Creusot, est sous la coupe du patron. D’emblée, Dumay va s’opposer à ce capitalisme industriel en plein essor, et lutter pour les droits des ouvriers. « Dumay, Schneider : le plus représentatif des face à face », comme le dit si justement Ernest Labrousse dans sa préface à la première édition des Souvenirs.
Dès lors, militant ouvrier infatigable, d’une honnêteté intellectuelle et d’une rigueur morale dans le combat que même ses plus farouches adversaires lui reconnaissent, Dumay ne cessera de lutter pour la justice sociale, inséparable pour lui du rétablissement de la République et de sa défense.
Nommé maire provisoire du Creusot lors de la chute de l’Empire, il doit s’exiler en Suisse, quelques mois plus tard, pendant huit longues années, après l’échec de la Commune qu’il avait proclamée dans sa ville. Il retrouvera à Genève de nombreux militants socialistes et républicains avec lesquels il a combattu, Benoît Malon entre autres avec qui il s’est lié d’amitié.
De retour en France après l’amnistie, il s’établira à Paris, où il sera élu municipal à Belleville, puis député, l’un des seuls députés ouvriers de la nouvelle Chambre.
Lassé des querelles au sein du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire auquel il appartient, il prendra peu à peu ses distances avec la politique et terminera sa vie professionnelle comme régisseur de la Bourse du travail.
C’est entre 1902 et 1926, année de sa mort, que Jean-Baptiste Dumay écrit ses Souvenirs. Pourtant, nombre des propos de Dumay sont d’une surprenante actualité ; nul doute que le lecteur, s’il le désire, saura puiser dans la force et le courage de cet homme exceptionnel des raisons d’agir à une époque, la nôtre, où cela est si nécessaire.

Établis, annotés et commentés par Pierre Ponsot, notamment dans une riche introduction où l’historien replace le récit d’une destinée exemplaire, celle de Dumay, dans l’histoire collective des hommes, les Souvenirs ont fait l’objet pour cette deuxième édition d’une mise à jour par l’Écomusée du Creusot-Montceau.